Les TCA : explications

Qu’appelle-t-on « troubles des conduites alimentaires » ?
Les troubles du comportement alimentaire sont d’abord une attitude, un comportement alimentaire pathologique anormal qu’il faut prendre plus comme un symptôme de difficultés psychiques sous-jacente. Ce sont vraiment des maladies à la limite de la maladie psychiatrique et de la maladie médicale c’est pour ça qu’une prise en charge pluridisciplinaire paraît tout à fait adaptée. Il faut savoir que 10% des jeunes filles ayant des troubles alimentaires décèdent du fait de ces troubles : ce n’est pas rien !
Ces maladies sont à chaque fois une façon de se remplir, de combler un vide, de lever un état de tension, de gérer un passage difficile, comme le sont d’autres conduites d’addiction comme l’alcool ou le cannabis. Les TCA sont dans de nombreux cas des conduites de dépendance. Sous le terme « trouble des conduites alimentaires » qu’on appelle communément TCA, on regroupe classiquement 2 grandes maladies : l’anorexie et la boulimie.

Qu’est-ce que l’anorexie ?

L’anorexie mentale est définie par un poids insuffisant, par l’arrêt des règles, par une crainte de grossir ou de reprendre du poids et puis surtout un trouble de l’image corporelle : la jeune fille étant très maigre se voit très grosse. Le déni massif de la maladie est également un symptôme de l’anorexie. Contrairement à la boulimie, il n’y a pas ce sentiment de culpabilité, l’anorexie renforce le patient, le rend tout puissant notamment chez les jeunes filles qui avaient du mal à trouver une identité, ou une place dans la famille ou ailleurs : tout d’un coup c’est comme un statut. Etre anorexique mentale, c’est une sorte d’identité pour certaine, une façon de vivre, presque une vision philosophique du corps !

 Et la boulimie ?
La boulimie nerveuse est accompagnée ou pas de vomissement. Elle se définit comme l’ingestion rapide et massive de grandes quantités d’aliments jusqu’à l’écœurement, jusqu’au malaise suivi de culpabilité. Ces crises viennent soulager un état de tension interne qui est ingérable pour la personne. La plupart des boulimiques ont un poids normal car elles adoptent des stratégies de compensation qui peuvent être des vomissements, des utilisations de laxatifs, de diurétiques, une activité physique excessive ou l’alternance de crises de boulimie avec des phases de restriction alimentaire, de jeun, pendant plusieurs jours. Et puis celles qui n’adoptent pas de stratégies d’adaptation, de compensations face à ça prennent forcément du poids. La boulimie est vécue comme quelque chose d’humiliant, de dégradant.

 Existe-t-il d’autres formes de TCA ?
On inclut dans les TCA tout ce qui est grignotage, compulsion alimentaire, hyperphagie qui est par définition au moment des repas alors que les compulsions et les grignotages sont des prises alimentaires entre les repas et puis il y a le « night eating syndrom », prises alimentaires nocturnes, ce sont les gens qui se lèvent la nuit pour manger sur un mode compulsif.

 Les hommes sont-ils également touchés par ces maladies ?
Oui on parle, par exemple, pour tout ce qui concerne l’anorexie mentale d’1 garçon sur 10. Le sex ratio a tendance à s’inverser : de plus en plus de garçons sont touchés par ce phénomène sans pour autant que ce soit massif. C’est juste que les garçons ont en général d’autres façons de gérer leurs difficultés. Ils ont tendance à aller vers l’extérieur plus que dans l’agression de leur propre corps. Mais ça existe, on en voit régulièrement.

Ces maladies entraînent-elles forcément un isolement social ?
Du fait de leur durée, il y a forcément un retentissement. On dit que l’anorexie mentale dure en moyenne 3 à 5 ans. Au bout de tant de temps, l’univers social, amical, affectif se restreint et il ne reste, au final, plus grand chose. Seulement le triangle familial et les études. Ces maladies sont envahissantes, les patientes ne mangent pas mais sont préoccupées par la « bouffe » du matin au soir ce qui ne laisse pas tellement le temps pour une vie affective voire une vie sexuelle ! Pour les boulimiques c’est différent, elles arrivent à maintenir des liens sociaux déjà parce que ce ne sont pas les même personnalités, ni les même âges. La nourriture est quand même quelque chose de très socialisant. Or ces jeunes filles ont une crainte majeure et une hantise de partager des repas..

Qu’en est-il des jeunes ayant des comportements alimentaires proches de la boulimie ou de l’hyperphagie mais de façon non régulière ? Doivent-ils être considérés comme malades ?
C’est ce qu’on appelle les troubles alimentaires non spécifiques qui touchent un grand nombre de femmes et de jeunes femmes surtout. Je pense qu’il faut rester vigilant ! C’est la nourriture-refuge qui rassure. Même si c’est un minima, ces troubles sont le signe de difficultés, certaines études parlent de 15 à 20 % de la population touchés par ces TCA : c’est très fréquent.


11/10/2007
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 584 autres membres